Revue imprimée sur les presses du Yodok Club de Corbières.
Paraît tous les deux mois.

vendredi 3 mai 2013

Par Martha Argerich

Le numéro 2 de L'usage

est en cours de fabrication. Début juin, il sera en librairie.



Quelles méthodes

Quelles méthodes aliénées, quel repos originel.
Le sol qui lie, assez plat et ferme.
Est jonché et bienveillant — le sol qui
Traîne nos âmes qui tirent. 
La nature sauvage ne peut appeler.
Tout est couvert de cachemire et de teinture.
Aliéné et originel, le système de retrouvaille
Reste inconnu car ce qui est perçu
Avance vers le tout proche.


Ann Lauterbach, extrait de "Tribe : Stamina of the Unseen", Clamor, Viking Penguin, 1991. 
Traduction de Yves-Marie Léonet.

vendredi 19 avril 2013

vendredi 12 avril 2013

Le reste


“A poetics is informed and informs -
Just informs maybe - the rest is a risk.”

Louis Zukofsky, “A”-12

mercredi 10 avril 2013

Le Monte en l'Air

Texture

Anja Utler

Anja Utler est née en 1973 à Schwandorf, en Allemagne. "faire face : entrelacs de neuf pièces", dont nous publions à L'usage 1 les cinq premières "pièces", constitue la première séquence de son premier livremünden – entzüngeln paru en 2004 aux éditions Korrespondenzen. Dans ses prochaines livraisons, L'usage publiera d'autres travaux d'Anja Utler, traduits par Hugo Hengel.



jeudi 4 avril 2013

S'effondrer



John Ashbery, Trois poèmes, traduction de Franck André Jamme, Al Dante, 2010.

mercredi 3 avril 2013

Volée de plomb

L'usage lit Volée de plomb, revue du Groupe Retour de Manivelle











Composée sur Ludlow et imprimée sur presse à épreuve Fag control.

Les dindes

Appel à l'action

—Qu’est-ce qui fait vivre la société capitaliste ?
—Le travail.
—Qu’offre la société capitaliste à celui qui lui donne son travail ?
—Des os à ronger.
—Qu’offre-t-elle par contre aux détenteurs du capital ?
—Tout ce qu’ils veulent, plus qu’à satiété, dix, cent, mille dindes
par jour, s’ils avaient l’estomac assez grand...
—Et s’ils n’arrivent pas à manger les dindes ?
—Le travailleur chôme, crève de faim et plutôt que de les lui
donner, on jette les dindes à la mer.
— Pourquoi ne pas jeter à la mer les capitalistes et non les
dindes ?
—Tout le monde se le demande.


Georges Bataille et André Breton, «Contre-Attaque»
Union de lutte des intellectuels révolutionnaires
Les Cahiers et les autres documents 
1935-1936, Ypsilon, 2013. 

mardi 2 avril 2013

L'usage nocturne




Après 11 heures du soir, 
ce n'est plus en librairie que vous trouverez L'usage

mais au comptoir du bar Il Paradiso Perduto





Pas plus ? Pas moins.







Michel Couturier, De distance en château, Siècle à mains numéro 7, 1964


L'ancre



William Bronk
Source : http://slantedshanty.tumblr.com/ (Joseph Massey)

lundi 1 avril 2013

I hope, I hope


What is art?

BRONK: I don’t know. [long pause] What I do. I expect. I hope. I intend.
No, I don’t intend. I hope, I hope.


An interview with William Bronk, par Marc Katzman. 
On peut la lire in extenso ici : 
http://www.artzar.com/content/bronk/index.html

jeudi 28 mars 2013



Frank Samperi, Spiritual Necessity: Selected Poems of Frank Samperi, Station Hill Press, 2004.


J'ai avancé plus haut



Jean-François Billeter, Un paradigme, Allia, 2012.

A ceux qui



Roger Laporte, Feuille volante, Le Collet de Buffle, 1986.

ils craignaient



Anne-Marie Albiach, Celui des "lames", Eric Pesty Editeur, 2013.

lundi 25 mars 2013

Come convenire del guasto ?



Amelia Rosselli, Diario ottuso, Empiria, 1996.






ne sachant plus



Maria Obino, traduction de Bernard Collin. Huit poèmes sont traduits dans l'ouvrage de Collin, Les globules de Descartes, Ivrea, 2004.

Nous traduisons ainsi



Philippe Lacoue-Labarthe, Phrase, Bourgois, 2000.

William Bronk lit

On peut entendre William Bronk lire certains des ses textes à cette adresse  http://writing.upenn.edu/pennsound/x/Bronk.php
La lecture de The inability, particulièrement belle.




Sur Maria Obino


« C’est le souvenir d’une femme maigre et brune, une mère dont le fils était encore petit sur une plage de Sardaigne, il y a peut-être vingt ans. Plus récemment ce sont les appels téléphoniques lointains, que je ne comprenais pas vraiment : « J’ai été malade », et « Je t’envoie mes poèmes ». Et puis le paquet avec ces poèmes se perdit, entre Montpellier et Bologne. Finalement les poèmes arrivèrent, dix-huit mois plus tard, et le même jour j’appris que Maria Obino était morte.
            Toute son œuvre consiste en trois manuscrits dactylographiés. Le premier, composé entre 1981 et 1985, a pour titre l’inscription A.Z., que Maria avait choisi pour pseudonyme. Le deuxième, Lampi e acqua, écrit en 1985 (…) Le troisième, commencé en 1986, est resté inachevé. En outre, Maria traduisit deux poètes français dont elle se sentait proche, et j’ai encore à l’oreille l’intense traduction qu’elle avait faite d’un poème d’Anne-Marie Albiach.
Je n’ai aucune idée de l’insertion possible de ces textes dans l’orbe de la poésie contemporaine. Mais pourquoi chercher à les insérer où que ce soit ? Ils existent, voilà tout. Tellement rares sont les paroles écrites qui nous effraient, elles sont toujours tellement civiles et conciliantes ! Et l’effet bénéfique et sauvage de cet effroi, lorsqu’il s’approche avec son goût de maladie mortelle, est de nous faire apparaître, à côté, un aspect de la grande poésie comme une médecine dérisoire (du reste, quelqu’un a dit que les remèdes ne servent qu’aux individus en bonne santé, ou présupposés tels). »

Gianni Celati, préface à Lampi e acqua, Albert Meynier, 1989. (Traduction V.X.)
Cet ouvrage est à paraître aux éditions Harpo &.

Joseph Massey



Joseph Massey est né en 1978 et vit à South Deerfield, USA. Il est l’auteur de Areas of fog et At the point, chez Shearsman Editor. « Matin : une autre interprétation », que nous proposons dans la première livraison de L’usage, fait partie d’un nouveau livre à paraître  chez Omnidawn, To keep time.  Le travail de Joseph Massey prolonge la veine d’un minimalisme objectif (représenté, aux Etats-Unis, par des poètes comme H.D., Lorine Niedecker, Robert Creeley, William Bronk, Larry Eigner, Rae Armantrout...)

Dans une recension du premier livre de Massey pour la revue Jacket, Rob Stanton s’exprime ainsi :

"Largely because of the memorable heft of Pound’s and Williams’ tenets – ‘Direct treatment of the thing’, ‘no ideas but in things’ – this tradition is too often seen as purely empirical, foregrounding direct translation of the world perceived into clear and communicable images. This isn’t untrue, but it implies something altogether too passive, as though a poem were ideally some decorative watercolour, to be glanced at approvingly now and again, but in no way troubling. It is more productive and realistic to see such poems instead as irresolvable collisions between keen observation and the actual materiality of words on paper, their very brevity tending to emphasise their self-conscious madeness as poems. One need only juxtapose three undisputed classics of the genre –


The apparition of these faces in the crowd;
Petals on a wet, black bough. (Pound, ‘In a Station of the Metro’)


Whirl up, sea—
Whirl your pointed pines.
Splash your great pines
On our rocks.
Hurl your green over us—
Cover us with your pools of fir. (H.D., ‘Oread’)


so much depends
upon

a red wheel
barrow

glazed with rain
water

beside the white
chickens (Williams, from Spring and All)

to see the range of only-tangentially-mimetic textual play on offer: Pound’s rhythmical smarts, spreading four stresses over first 12 and then only 7 syllables to give the second line its cumulative punch; the stately repetitions (‘Whirl’/’whirl’, ‘pines’/’pines’), emphatic pronouns (4 appearances of ‘your’ in 6 lines, and 2 of ‘us’) and unforced enjambments in H.D.’s address to the sea naturalising her basically strange and counter-intuitive metaphor; and, biggest wink of all, Williams’ opening stanza showing the mind always already sifting, sorting and positioning. The full range of what this kind of poem can offer is perhaps better summarised in Zukofsky’s rethink of Pound’s dicta: ‘The test of poetry is the range of pleasure it affords as sight, sound and intellection’. Massey’s work certainly fits this bill, combining a vivid depiction of his immediate Californian surroundings with an uncanny microcosmic sense of vowel and consonant music. (…)

Areas of Fog is a big (127 separate poems) grouping of small things (longest poem: 35 lines). It is impressively ‘complete’ and encompassing for a first book, which raises the question of where Massey will go next. Will he retain the geographically specific bent and dig deeper? Will he turn to bigger canvases or simply intensify his current approach? The presentation of this book – the contents page lists only the five section titles, most carried over from earlier chapbook appearances – suggests he definitely sees his work in constellations if not actual sequences, so it could go either way. The precedents mentioned earlier suggest either option: many (Pound, H.D., Williams, Oppen, Reznikoff and Niedecker) moved on to larger forms or alternated, while others (Creeley, Eigner, Armantrout, Grenier, Friedlander) chose or choose to perfect and hone their more focussed technique. It should be exciting, whatever happens. Dangerous word to throw around, I know, but more than a few of the poems in Areas of Fog strike me as perfect:

      Honeysuckle
scent like
an open vowel

wrung out
in the rain’s
gloss-

olalia."


Dans sa deuxième livraison, L'usage publiera d'autres travaux de Joseph Massey.